Et si on en faisait un troisième?

Carolane Baribeau Vie de maman

Crédit : Pixabay

Il fut un temps où je ne voulais pas d’enfant. Quand mon horloge biologique a finalement sonné, je n’avais pas aucune idée combien j’en voulais. On s’est dit qu’on allait commencer par un, et qu’on verrait ensuite. L’envie d’un deuxième s’est rapidement fait sentir.

 

Malgré des grossesses relativement faciles et des accouchements très rapides, je n’avais pas aimé l’expérience. Notre couple avait souffert, mon plus vieux avait eu des ennuis de santé plutôt graves. Ça semblait clair pour moi, comme pour mon chum, que la famille allait s’arrêter là. On avait réussi à avoir le fameux « petit couple ». Un garçon et une fille, quoi demander de mieux?

 

Papa ayant une phobie de tout ce qui concerne les aiguilles et leurs dérivés, et moi qui souffrait d’effets secondaires avec la contraception hormonale, j’ai décidé d’opter pour le stérilet en cuivre, 3 mois après mon accouchement. Mon médecin m’a mis en garde pour les règles qui pouvaient être plus douloureuses. Si j’avais su!

 

J’ai arrêté d’allaiter ma fille un peu après sa première bougie. Mon retour de couches, qui s’est fait attendre pendant près de 2 mois, a été affreusement douloureux. Après quelques jours de douleurs, je menace mon chum. « Si ça fait encore aussi mal le mois prochain, pas question que je garde mon stérilet! Tu passes à la vasectomie, sinon on prend des condoms ou on en aura un 3e! ». J’espérais lui faire peur. Que la sensation du latex ou que l’idée des nuits entrecoupées le poussent à appeler pour prendre un rendez-vous. Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il allait me répondre.

 

« T’sais, si t’en veux un autre, ça me dérange pas... ». Hein?

 

Je n’ai presque pas dormi cette nuit-là. J’imaginais notre vie avec ce petit dernier. Recommencer une nouvelle grossesse, un nouvel accouchement. Le fameux coup de foudre que j’aurais tant voulu connaître, mais qui m’avait déjà fait faux bond à 2 reprises. Allaiter encore pendant plus ou moins un an. Se lever plusieurs fois par nuit. Les régurgits, les cacas jusque dans le dos. Le nez qui coule, les microbes qui inquiètent. Se rééquiper complètement pour un tout petit bébé. La coquille, la poussette, les vêtements qu’on devrait racheter… Changer d’auto. Les portes d’armoires verrouillées, les pages de mes livres préférés qui se font déchirer, les chiens à surveiller. Les chicanes insignifiantes, mais violentes à cause de notre fatigue accumulée. L’adaptation des 2 plus vieux qui sera peut-être difficile. Sauter encore des douches et des repas, par manque de temps, de main ou d’énergie. Mon corps, que je commençais à peine à me réapproprier, que je devrais partager encore une fois.

 

Ma tête est contre, mais mon coeur (et mes ovaires) me chuchotent autre chose. Ils me disent qu’il y a aussi les premières fois. Le premier sourire, les premiers pas, les premiers mots. Bercer à l’infini, sans compter le temps, même une fois bébé endormi. Cet amour inconditionnel et si fort qu’on ressent, même s’il prend son temps pour arriver, au lieu de me rentrer dedans comme j’aurais voulu. Peut-être que cette fois-ci, on garderait le sexe secret jusqu’à l’accouchement. Peut-être que j’essaierais d’avoir un suivi avec une sage-femme pour accoucher en maison de naissance. Peut-être que j’en ai envie finalement.

 

Juste « Parce que ». Parce que devenir parent, c’est la chose la plus difficile qu’on ait faite. Mais c’est aussi la plus belle.

 

Et si on en faisait un troisième? On verra bien dans quelques semaines, quand les crampes seront de retour, si c’est ma tête ou mon coeur qui me parlera le plus fort.

 


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  • Anne-Josee Begin le

    Moi j’ai eu un premier garçon. J’ai attendu 3 ans avant de revivre l’aventure ! Et j’en suis très heureuse car j’ai eu la surprise innattendue de ma vie ! Celle d’avoir des jumeaux ! Deux petits bébés qui ont décidé naturellement de prendre leur place ! Deux petits soleils que je rencontrerai début mai !


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