J'avais 23 ans

Laura Métivier Vie de maman

Crédit : Pixabay

J’avais 23 ans lorsque j’ai eu mon premier enfant. J’avais 23 ans lorsque j’ai acheté ma première maison. J’avais 23 ans lorsque j’ai débuté ma maitrise à temps plein. J’avais 23 ans lorsque je suis tombée enceinte de mon deuxième enfant. J’avais 23 ans lorsque je me suis poussée à l’épuisement ...

 

Du plus loin que je ne me souvienne, je n’ai jamais aimé être prise en pitié ou bien me sentir vulnérable. J’ai toujours voulu être forte et (surtout) différente. Je n’en fis donc pas autrement lorsque j’ai décidé d’avoir un bébé, alors que j’étais aux études et en appartement, à 22 ans. Rapidement je me suis mise au défi de « prouver » à tous ceux qui me disait folle que j’étais capable de concilier ces différents projets de vie. Le fait d’avoir un bébé dans mon mini 3 ½ tout en étudiant à temps plein était devenu mon challenge de vie.

 

Finalement, les choses se sont passées autrement. À 36 semaines de grossesse, nous avons eu un coup de foudre et fait une offre d’achat sur une maison. À 38 semaines, nous déménagions. J’ai finalement perdu mes eaux quelques heures après avoir donné mon dernier coup de pinceau. J’ai débuté ma maitrise 3 semaines plus tard ... et puis ce fut la chute libre.

 

Je naviguais entre les besoins de mon petit, les nouvelles responsabilités qu’entraine le fait d’être propriétaire, les exigences et échéanciers de l’Université et ma remise en forme post-accouchement. J’étais en mode survie. J’étais épuisée, je me sentais m’enfoncer, mais je continuais d’avancer, parce que je m’étais promis que j’y arriverais. Puis, alors que mon bébé n’a que 5 mois, j’apprends que je suis de nouveau enceinte. Les commentaires fusent de partout : Déjà? Tu vas devoir arrêter l’école? Comment tu vas faire? Ce n’est pas réaliste, ton affaire! Dans ma tête, ce fut : challenge accepted!

 

Mais le puit (que je croyais) sans fond de l’épuisement me submergea tranquillement par la déprime et j’ai finalement touché le bout. M’occuper de mon fils était devenu un énorme fardeau, entretenir la maison était une source d’anxiété insurmontable, rédiger mes travaux d’école était inconcevable et je me suis perdue au travers des différents maux physiques (migraines, insomnie, fatigue chronique ...) et mentaux (déprime constante, sautes d’humeur, sentiment de vide et de solitude ...)

 

Par chance, j’ai eu le courage de consulter et le diagnostic de dépression et d’épuisement m’a fait réaliser l’ampleur de la situation. J’ai pu aller chercher l’aide nécessaire et entamer un processus de réflexion personnelle sur la pression de performance que je m’impose depuis longtemps. Avec le soutien de mon conjoint, j’ai appris à différencier échecs et difficultés. J’ai aussi remis en question certaines attentes que j’avais envers moi-même et j’ai tenté de m’écouter d’avantage, au jour le jour, sans me mettre au défi. J’essaie de me concentrer sur le positif et sur mes accomplissements quotidiens afin de vivre en pleine conscience. J’assume désormais beaucoup plus mon rôle de mère-conjointe-étudiante-imparfaite sachant que je fais de mon mieux.

 

C’est difficile d’admettre nos moments de faiblesses mais cela me prouve, encore une fois, que je suis forte.


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  • Marie-Claude Ménard Métivier le
    Laura ,je viens de lire un message que je veux te transmettre. La vie,c’est comme un casse-tête. Parfois ,il y a des moments plus difficiles où les pièces s’emboîtent mal. Puis un jour,le destin nous rend des pièces qui s’imbriquent facilement les unes dans les autres,et tout devient simple, doux et harmonieux. Bonne chance ,je t’aime XXX grand-maman Métivier
  • Marie-Claude Ménard Métivier le
    Je viens de lire ton texte chère Laura, ça me rappelle la naissance de mes deux premières filles en deux ans de mariage mais je n`étais pas dans la même situation que toi. J’étais heureuse de l’annonce d’un autre arrière-petit-fils, Je t’admirais et je te trouvais très courageuse d’entreprendre ta maîtrise en plus. C`était beaucoup te demander mais je pense que c’était voulu malgré tous les inconvénients que ça importait mais vite le surplus s’est fait sentir, L’ambition n’a pas toujours raison de son maître. Merci de t’être ouverte,ça fait du bien, ,il ne faut jamais perdre espoir, avec beaucoup d’amour et de courage ,le temps arrange tout. Bientôt le petit Samuel et Léo te feront oublier toutes ces peines que tu t’es imposées. Tu es forte,ne l’oublie pas,un jour ce sera du passé. Ton sourire contagieux a toujours semé la joie autour de toi et avec ton amoureux, tu seras une maman heureuse et parfaite. Chère Laura,mes prières t’accompagnent ,et je suis sûre que grand-papa veille toujours sur nous tous ,il t’aimait tant,je te souhaite un bel accouchement,j’ai hâte de voir Samuel,je t’aime et t’embrasse très fort , Bonjour à Marc-André et des câlins à Léo. XXXXX grand -maman Métivier

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