Je n'ai plus peur

Myriam Sergerie Dupuis Vie de maman

 

Crédit : Pexels

 

Je n’ai plus peur de grand-chose depuis que je suis maman. J’m’appelle superwoman, pis j’ai le droit.

 

Avant, j’avais peur de mon ombre. Peur de mourir. Peur de rouler trop vite, d’avoir mal au ventre si je goûtais un alcool trop fort, d’être fatiguée si je me couchais trop tard. On s’entend tous pour dire que j’étais loin d’être une wild personne. On s’entend surtout pour dire que je n’ai plus peur d’être fatiguée considérant que ‘’brûlée’’ fait partie de ma nouvelle identité. Bref, j’étais une anxieuse.

 

Pis là, je suis devenue créatrice d’une grande histoire qui s’écrit chaque jour. J’ai pas juste créé et poussé la vie. J’élève un humain. Une vie qui se développe d’intrigues en intrigues fascinantes, comme combien de temps survit un papier hygiénique dans la toilette ou qu’est-ce qui se produit quand on goûte à du sable et des roches. Une histoire qui apprend chaque jour. Une histoire d’amour, d’humour, d’humilité.

 

Crédit : Giphy

 

On a eu nos débuts difficiles. Pis je croyais sincèrement que je n’allais pas survivre à un bébé easy. En gros, je pensais que le bébé-du-Mieux-Vivre allait m’achever. Pis on est là, avec un fiston refluteux allergique, constamment sous antibiotiques. Un bébé exigeant et intense qui ne fait pas ses nuits à un an. Pas le bébé mollusque qu’on nous avait promis. Pas celui qui a inspiré le proverbe << dormir comme un bébé >>. Pas celui qui part à rire fort quand une autre personne lui fait un clin d’œil. Pis on est là, à s’aimer d’amour. À dire <<non>>, à taper des mains et à chanter << tape, pique, roule>>.

 

Je n’ai plus peur de grande chose. Parce que sa naissance n’était pas que la sienne. C’était la naissance de sa maman également. Une fille qui s’est découvert bien du courage, un sens de l’humour qui résiste à tout et un papachum incroyable. Une fille très différente, mais qui se ressemble encore étrangement. Qui est drôlement bien dans sa peau malgré les marques qui y ont été laissées. Qui a appris à mieux se gérer pour être capable d’apprendre à une bestiole haute comme trois pommes, mais qui explose comme une tornade, à se gérer également.

 

Dans le fond, j’ai juste peur de te perdre. Faque on dirait que toutes les autres peurs sont insignifiantes. Et ça me permet de vivre l’instant présent. Tu me permets d’être capable de tout mettre de côté. D’arrêter de penser. D’arrêter d’avoir peur. Parce que jouer aux camions et t’apprendre à utiliser une fourchette, c’est tellement plus important.


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