Juste un coeur d'enfant

Krystelle Chamberland Vie de maman

Crédit photo : Pixabay

 

Ce matin-là, je me lève. C’est jour de congé. Il pleut, encore. Évidemment, toi, tu es plein d’énergie. Comme à chaque matin.

 

Que va-t-on faire? Traintrain quotidien, on déjeune, on écoute la télévision, on fait un casse-tête, on joue au stationnement avec tes Hot Wheels. Tu en as combien déjà? Diner, et hop! Au lit pour la sieste. Un café et un demi-film d’après-midi plus tard, tu te lèves. Il pleut. Tu es encore plein d’énergie. DING! Et si on jouait sous la pluie? Juste comme ça, pour profiter du moment. C’est si beau dans les films, alors pourquoi pas nous aussi? Ah oui! J’en ai envie! Allez, viens! Oui, je sais qu’il pleut, mais viens! Maman va te montrer!

 

Je t’attrape, nu-pied, te dépose et je me mets à courir sur le gazon devant la maison. Tu me regardes, pas trop sûr de voir maman courir partout... Je le vois dans ton visage : elle a disjoncté? Je t’attrape encore et je me mets à te faire faire l’avion. Il pleut à boire debout. On court, on rit, on s’amuse. On attrape la pluie avec notre langue. Je te regarde, tout sourire. Tu es a-do-ra-ble. Tes cheveux dégoulinent d’eau. Les miens aussi, fort probablement. Tu es heureux et moi aussi. On fait des coucous à papa à travers la fenêtre qui ne semble pas trop comprendre ce que maman fait avec fiston (est-ce qu’elle est devenue folle?!) On se couche par terre et mes souvenirs me reviennent d’un coup :

 

J’ai environ 8 ou 9 ans. C’est le soir, après le souper. J’ai envie de jouer avec des amis, mais il pleut. Je rejoins une amie (oui, dans ce temps-là, on avait qu’à sortir et on retrouvait nos amis) et un copain. On joue un peu, mais mon amie doit rentrer. On est donc plus que deux, devant ma maison, à la pluie, à nous demander ce qu’on peut bien faire. On décide de se coucher sur le gazon et de discuter. On est trempé, mais on est heureux.

 

C’est un beau souvenir qui m’est resté en tête toutes ces années, enfoui, mais pas trop loin et qui n’attendait que l’occasion de se manifester parce que c’était vraiment un beau moment.

 

Probablement que ce copain ne s’en souvient pas. Probablement que c’était anodin pour lui. Mais pas pour moi.

 

C’est ça que je revis, plus de vingt ans plus tard, mais avec mon propre enfant. Pas de chicane, pas de consigne. Juste du gros plaisir simple.

 

J’ai encore mon cœur d’enfant. Et vous?


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