Les allergies alimentaires ou quand l'introduction des aliments devient un cauchemar

Myriam Sergerie Dupuis Vie de maman

Crédit : Pico Tatoo/Chasseurs de monstres

 

Dès la naissance, mon fils a fait du reflux sévère causé par des intolérances alimentaires. On se doutait bien que l’introduction des aliments allait représenter un défi. On a donc choisit d’attendre à 6 mois pile pour laisser le temps à son ventre de grandir un peu. 

 

Sous recommandation de son pédiatre, on a introduit chaque aliment pendant 5 jours. 

 

5 jours de zucchini. 

5 jours de zucchini et patate douce. 

5 jours de zucchini, patate douce et carotte ... et bam; le reflux revient. 

 

Merde. Les carottes ne passent pas. On teste les œufs et il se ramasse boutonneux. Pareil pour le riz. Pareil pour l’avoine. Il plaque et vomit la banane. On n’a même pas osé essayer le bœuf, vu ses débuts peu glorieux avec la protéine de lait de vache. 

 

Mon fils a commencé à manger de la viande et des céréales à 9 mois. Avant ça, c’était des allers et retours de fruits et légumes. 

 

Il a 10 mois quand on fait enfin les tests cutanés et qu’on se fait annoncer qu’il a 5 allergies alimentaires confirmées. On devra vivre avec l’Epipen. J’entends un cillement dans mes oreilles et je n’écoute plus l’infirmière qui est entrain de nous apprendre à utiliser le médicament injectable qui peut sauver la vie de mon fils. 

 

La vie de mon fils. Fragile et en danger. Le monde est devenu un champ de mines susceptibles de blesser la personne que j’aime le plus au monde. Mon bébé. Ma chaire. Mon Amour. 

 

Elle me fait une mise en situation et me demande de lui montrer ce que j’en ai compris. Je n’injecte pas de la bonne façon la grosse fausse aiguille dans la jambe de mon si petit bébé. J’étais pas là quand elle l’a expliqué, j’étais partie. Mes neurones s’étaient déconnectés. Ça fait que c’est pire : s’il arrive quelque chose, je ne serai même pas capable de le sauver. Un jour, il se peut que je doive sauver mon enfant. Et je ne suis pas capable d’intégrer dans mon cerveau comment injecter l’adrénaline sous l’effet du stress. Ça y est, on est foutu. 

 

Silence radio dans l’auto sur le chemin du retour. Je pleure toutes les larmes présentes dans mon cœur. 

 

Deuils. Du gâteau de la fête d’ami. Des repas au resto en famille. De faire goûter de la crème glacée, des pains dorés ou une poutine. Pas de poutine, Seigneur! On va stresser les gens qui nous reçoivent. On va être stressés d’être reçus. Traîner l’Epipen, partout. Lui expliquer le danger, un jour...

 

Adaptation. Des premières épiceries très (trop) longues. Des anniversaires et des visites avec des repas maisons. Des boîtes à lunch à faire à tous les jours pour la garderie. Trouver des produits de remplacement et des nouvelles recettes. Avoir 5 Epipens, dont 2 toujours sur nous.

 

On a fait le choix de manger comme lui. On a lu toutes les listes d’ingrédients et jeté tous les allergènes de la maison. 

 

On mange maintenant très varié. 

 

Mais pas comme tout le monde. 

 

Mais presque. 

 

Mais toujours un peu stressés. 


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  • STEPHANIE Robitaille le

    C’est quoi au juste les 5 allergènes?


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