Lettre à ma belle-mère

Collabo discrète Vie de maman

Crédit : Pixabay

Entre toi et moi, chère belle-maman, ça avait plutôt bien commencé. Même que je te considérais vraiment comme une deuxième mère. Notre relation, je la trouvais belle.

 

Puis, j’ai eu des enfants. C’est là que ça s’est gâché. Tout au long de ma première grossesse, tu me mettais de la pression pour que j’allaite. Chaque fois qu’on se voyait, tu ne te gênais pas pour me dire haut et fort quel point j’avais tort de vouloir donner le biberon. À quel point j’allais priver mon bébé de ce qu’il y a de mieux pour lui (parce que clairement, dans ta tête, une mère heureuse avec ses choix c’est beaucoup moins important que ce avec quoi le bébé sera nourri). Sans le savoir, ton entêtement à vouloir me convaincre (en dépassant parfois la limite du respect) a mis un nuage noir sur ma grossesse que je voulais belle et sereine.

 

Ensuite y’a eu mon shower. Pour moi c’était un moment que j’attendais vraiment. Non pas pour les cadeaux, mais pour célébrer l’arrivée de ma fille avec ceux que j’aime. Une journée juste pour elle, juste pour moi. Pis t’es pas venue. « J’ai du ménage à faire » que t’avais dit. Du ménage? Non, mais t’aurais pu au moins te forcer à trouver une meilleure excuse. Non, je ne suis pas ta fille, mais le bébé que je portais, la fille de ton fils, ta petite-fille, aurait vraiment mérité que tu te déplaces pour célébrer sa venue. Ton absence m’a blessée et 5 ans et demi plus tard, la rancune est encore présente.

 

 Y’a aussi eu toutes ces fois où je me suis sentie attaquée par tes commentaires du genre « votre fille est chigneuse, elle doit tenir ça de sa mère » ou encore «voyons, laisse-moi faire, moi je sais comment calmer un bébé ». Ces fois où tu te donnais le droit de réveiller notre fille pendant sa sieste, parce qu’apparemment tes besoins étaient dont bien plus importants que ceux d’un bébé.

 

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Quand j’ai accouché de ma deuxième, on vous avait demandé une chose; on ne voulait recevoir aucune visite avant que le bébé ait rencontré sa grande sœur. 15 minutes après avoir accouché, t’es arrivée dans ma salle d’accouchement. J’avais encore les jambes en l’air, mon placenta n’était pas encore sorti, le plancher était plein de sang… Pis t’es rentrée sans demander la permission et tu m’as enlevé le bébé pour le prendre dans tes bras. En dedans j’avais le goût de crier. De t’ordonner de partir. J’ai pleuré après que tu sois partie (après être restée 30 longues minutes, durant lesquelles l’infirmière me lançait des regards de compassion). C’était MON accouchement. La seule chose qu’on avait demandée, tu ne l’as pas respectée parce que dans ta tête, t’es tellement plus importante et tu t’octroies tous les droits. Ce moment que tu as gâché, on ne pourra jamais le vivre comme on aurait voulu. Je me suis sentie violée. Violée de ce moment qui m’appartenait, de mon intimité. Je t’en voudrai probablement toujours.

 

Notre relation, elle n’est plus si belle, elle ne sera plus jamais pareille. J’aimerais pouvoir te dire la vérité, vider mon sac. Te dire que tu as eu tes enfants, mais que maintenant c’est mon tour et que ça te plaise ou non, les choses vont se passer à ma manière. Qu’on n’a pas continuellement besoin de ton opinion sur notre manière d’élever nos enfants. Je voudrais te dire tout ça, mais je ne le ferai pas. Parce que je suis une fille polie, mais surtout parce que j’aime ton fils et que je lui ferais probablement de la peine à lui aussi. Heureusement, j’ai la chance d’avoir une mère merveilleuse et respectueuse sur qui je pourrai toujours compter.

 

Sois avertie, plus jamais je ne te laisserai gâcher les moments importants dans ma vie et celles de mes enfants.


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