Lettre à mes parents

Valérie Nathalie Vie de maman

Crédit : Unsplash

 

Mon père, ma mère, 


Vous avez joué un rôle important dans ma séparation et il est nécessaire que je vous explique ce que tout cela m’a apporté.

Ma séparation a été rapide et violente. Elle est arrivée du jour au lendemain et a ravagé tout sur son passage. Elle ne s’est pas étendue dans le temps et vous n’avez pas pu vous y préparer. 


Je sais, maman, que tu as dû avoir aussi mal que moi. Je sais tout le courage que ça t’a pris de ne pas pleurer toute les larmes de ton corps lorsque je me décomposais de tristesse devant toi. On pourra toujours te reprocher ta personnalité émotive de laquelle je tiens, mais on ne pourra jamais dire que tu n’es pas en mesure de garder ton fort debout. Tu as su garder la tête froide alors que la mienne était submergée d’un océan d’émotions et je t’en remercie. 


Je sais, papa, que tu as dû être autant en colère que moi. Je sais tout le courage que ça t’as pris pour ne pas commettre de meurtre. Je peux comprendre ton sentiment lorsque tu comprenais que ma peine était reliée à un homme et que tu aurais tout fait pour qu’elle s’arrête. Je sais que peu importe mon âge, je serai toujours ta petite fille, fragile et naïve qui nécessite que tu la protège et la défende. C’est correct pour moi et bien que je sois maintenant une femme, je me compte privilégiée d’avoir un père aussi aimant et protecteur que toi.


Je me suis séparée si tôt que je n’avais toujours pas retrouvé mon salaire complet. Étant à 50% de celui-ci, vous avez su comprendre que j’avais de petits soucis financiers. Vous n’avez jamais attendu que je vous demande de l’aide. Je vous en remercie, car même si vous ne me le disiez pas, je sais que vous compreniez que mon estime personnelle frôlait le tapis et que moi, femme indépendante, serait morte de honte de vous demander de l’aide. Vous avez apaisé nombreuses de mes angoisses alors que cette honte que je ressentais était d’une lourdeur incomparable. 


Vous qui faites vie commune depuis 35 ans, vous comprenez la déception qui m’envahie lorsque je pense au fait que je n’ai pas suivi vos pas en matière de couple qui perdure dans le temps. Je n’ai jamais senti votre jugement et votre meilleur conseil a été de privilégier les besoins de mon fils, mais aussi les miens. Vous avez su me faire comprendre qu’une mère heureuse est plus agréable pour mon petit être qu’une maman malheureuse. 


Je sais, mes parents, que vous avez eu mal et que je suis redevenue à vos yeux une petite fille qui nécessitait votre aide. Vous avez été soutenants, aimants et merveilleux. Je comprends que cette épreuve a été difficile tout autant pour vous que pour moi, mais sachez maintenant que le temps guérit tout, que je suis heureuse et que chaque parcelle de ma force intérieure, je vous la dois à vous qui m’avez tout transmis.  


Je vous demande de ne pas détester mon ancien conjoint. Je sais la peine qu’il vous a faite en faisant du mal à votre enfant, chair de votre chair. Vous le considériez probablement comme votre fils, lui aussi. Il faisait partie de votre famille et il vous a déçu. Comprenez qu’une séparation, ça se construit à deux et que nous avons chacun notre part de responsabilité en ce qui concerne la déchéance de notre amour. N’oubliez jamais qu’il m’a donné le cadeau le plus merveilleux que j’ai reçu et que sans lui, bien sûr, je n’aurais jamais eu à surmonter cette épreuve difficile, mais je n’aurais certainement jamais connu le comble du bonheur. Il m’a donné mon fils et votre petit fils. Il mérite de garder sa place au sein de notre famille. Je ne vous demande pas de lui pardonner, mais je vous demande de ne pas entretenir de haine envers lui parce que, comme dirait ma mère, la haine, ça rend laid.

Sachez que vous pouvez léguer quelques conseils aux parents qui auront à supporter leur enfant au cours de leur séparation. Vous pouvez leur dire d’être supportant, mais pas envahissants. Vous pouvez leur expliquer qu’un enfant aura toujours besoin de ses parents dans les moments difficiles, même s’il ne le demande pas. Vous pouvez les comprendre lorsque la peine, la tristesse ou la colère de leurs enfants les empêchera de dormir. Expliquez-leur qu’ils ne doivent pas prendre possession de la tristesse de leur enfant puisqu’ils ne pourront alors pas être la bouée de sauvetage dont leur naufragé aura besoin.


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  • Magaly le

    C’est super beau chiquita !!!
    Tu es vraiment inspirante mon amie
    Bisous, je t’aime fort

  • Isabelle Malo le

    Wow Val. Tu à l’âme d’une écrivaine. Tu me touches beaucoup? Je pense à toi et contente que le bonheur revient dans ta vie!???xx


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