Lettre à mon fils

Valérie Nathalie Vie de maman

 

Crédit : Pexels

 

Mon fils,


Ton père, mon grand amour, je l'ai rencontré quand j'étais adolescente. J'ai toujours eu un faible pour lui, mais la vie a fait que nous n'avons qu’échangé notre premier baiser il y a 3 ans. La quétainerie à son grand jour, nous sommes tombés amoureux à cet instant.

 

Trois semaines plus tard nous étions officiellement un couple, trois mois plus tard nous signions notre premier bail de deux ans, puis 1 an plus tard, je tombais enceinte de toi. Nous avions principalement les mêmes champs d'intérêts et avions les mêmes projets d'avenir. On rêvait de camping, de voyages et de maison de campagne. Le 23 janvier 2017, ton père m’a demandé en mariage. Il te tenait dans ses bras. Nous étions invincibles.


Mon trésor, ton arrivée a été un bonheur immense.
Ton père, ayant souffert d’un cancer agressif quelques années auparavant, n’était pas certain d’avoir la capacité de concevoir un enfant. Or, tu étais notre miracle. J’aimerais qu’un jour tu puisses arriver à comprendre les raisons pour lesquelles d’heureux parents témoins de miracle puissent se séparer.

 

Lors du congé de paternité, nous avions un bon roulement d'entraide. Nous alternions les boires de nuit, alors nous ne dormions pas beaucoup, mais à deux. On avait des fous rires de fatigue constants. On vivait le moment, on était cernés et heureux. Puis, papa est retourné au travail et je suis restée longtemps seule avec toi. Bien qu'il m’apportait son aide, il y avait une guerre de non-dits entre nous. D'un côté, l'homme qui fait de longues journées au travail VS la mère qui ne travaille pas. De l'autre, le père qui peut se permettre d'aller à la toilette quand il en a besoin VS la mère qui n'a pas réussi à souper depuis trois jours. La fatigue a le dos large; mais nous avons réussi à détruire notre couple à grands coups de reproches constants.

 

Ne crois jamais que tu as été la source de notre déclin. Tu étais mon seul grand rêve. C’est certain que dans ce rêve, je rencontrais l’amour de ma vie, je l’épousais et nous vivions heureux pour l’éternité, mais ce n’est pas la fin de l’histoire.

 

Je sais, mon bébé, que tu ressentais ma tristesse même si je me retenais de pleurer jusqu’à ce que tu dormes paisiblement. Si tu savais la honte que je ressens à ton égard. La honte que ta première année de vie ait été noircie par cette séparation. La honte de ne pas avoir réussi à te choisir un père qui m’aimerait plus longtemps que tes premiers mois de vie. La honte de devenir mère monoparentale. La honte de devoir te faire vivre une garde partagée à toi, magnifique enfant qui n'a rien demandé de tout cela. 

 

Sache la tristesse immense que je ressens quand je pense au fait que tu ne connaitras jamais tes parents comme ils l’ont été : amoureux, heureux et fous. J’ai échouée ma famille et j’en suis consciente. Je te promets par contre de ne jamais échouer dans mon rôle de mère. Certe, je ferai des gaffes parfois, peut-être élèverai-je le ton, un soir ou je serai trop fatiguée pour réfléchir correctement. Je t’enverrai peut-être à la garderie la couche pleine, étant déjà beaucoup trop en retard au travail. Tu as été un vrai cadeau du ciel. Chaque jour passé à tes côtés me remplit de bonheur.


Mon fils, un jour tu seras peut-être un papa et un amoureux. Je ne peux m’empêcher de te donner ce que tout cela m’a appris. Le couple, c'est important, mais c'est aussi fragile. Il faut lui faire attention et l'entretenir. Il faut lui faire une place. Il faut plonger dans la parentalité à deux. Ensemble. Se soutenir et s'entraider. Il faut prendre le temps de se regarder dans les yeux entre deux biberons et se dire à quel point on s'aime et s'admire. Il faut être une équipe soudée que rien ni personne ne peut arrêter. Il faut être forts et heureux et se souvenir que l’on est encore beaux, même sous nos yeux cernés.


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  • Lee Ann Bonin le

    bRAVO val c wow

  • Marie le

    Mon amie …
    Je suis émue et complètement admirative devant tant de maturité. .. devant autant d’honnêteté. Sache mon amie que tu es une maman exceptionnel pour ton beau miracle mais qu’en plus, tu es un être humain d’une conscience hors pair ! Qui a dit qu’un enfant était plus heureux au sein d’une communauté de 3 individus (clin d’oeil a notre cours lol) !!! Tu es déjà grandis de cette épreuve. Maintenant vis ta vie pleinement et sois fière mais surtout vis là dans le tapis parceque tu n’en possède qu’une seule et elle passe en 6 clins d’oeil. J’suis épaté de te découvrir à travers ce texte d’une profondeur désarçonnante!
    Xxxxx


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