Ma grossesse en noir et rose : première partie

Geneviève Fortin Vie de maman

Crédit : Geneviève Fortin

 

J’ai parlé un peu ICI de ma 2e grossesse qui a été plutôt … saignante. Lors de mes 8 semaines d’hospitalisation, j’ai géré like a boss. J’étais positive et j’ai décidé de voir ça comme une opportunité qui ne se représenterait jamais d’être logée et nourrie, de lire et me reposer toute la journée. La méditation et la pleine conscience m’ont également aidée à garder mon équilibre lors des hémorragies (merci à mon papa psy!). C’est cependant 10 mois après la naissance de ma fille, la veille du premier anniversaire de mon hospitalisation, que j’ai compris que ma belle attitude d’alors venait de me rattraper.

 

En voyant une ambulance filer à toute allure vers le CHUL, j’ai dû immobiliser ma voiture sur l’accotement pour retrouver mon air. J’avais un poids dans la poitrine, je voulais pleurer, mais je n’y arrivais pas. S’en sont suivies des semaines de pleurs silencieux dans la douche et de sanglots bruyants dans ma voiture. J’ai consulté au PAE de mon milieu de travail. Choc post-traumatique pour celle qui gérait si bien. J’ai alors commencé un travail d’acceptation de l’immense peur qui m’avait habitée pendant mon séjour en GARE. Je me suis permis d’avoir de la peine. J’ai finalement été capable de dire à voix haute à mon placenta « je te pardonne et je t’envoie de l’amour ». Cet organe qui permettait à ma fille de vivre a été mon bourreau. Un preavia hémorragique, qui m’avait fait peur plus d’une fois de perdre mon 2e enfant. Ca semble ésotérique, mais vous essaierez de dire à voix haute à un bourreau que vous lui pardonnez, vous m’en donnerez des nouvelles! J’ai ainsi avancé et je me suis guérie.

 

Lorsque mon chum et moi avons abordé l’idée d’avoir un 3e enfant, j’ai sondé mon cœur et je me suis sentie prête et sereine. Le premier mois d’essai, je suis tombée enceinte. J’ai fait une fausse couche 6 jours après. J’ai été triste, mais ça allait. Deux mois plus tard (salut génétique de feu même à 35 ans!), j’étais à nouveau enceinte. J’ai à peine regardé les 2 lignes roses sur la bandelette qui confirmaient ce que je savais. Dès les premières heures, j’ai été habitée par la peur.

 

Au départ, j’avais peur de refaire un vrai test (tsé garder le souvenir que les 2 autres ont!) parce qu’il aurait pu être négatif. Mon écho de 10 semaines m’a rassurée : j’étais bien enceinte, il était là, petite bine sautillante dans le creux de mon utérus. Mais c’est revenu : s’il était malade ? S’il était porteur d’un syndrome (yo la publicité de oldermom partout parce que j’ai cliqué sur un seul mini lien!!)? Et si son cœur arrêtait de battre? L’écho et les résultats de tests génétiques (de oldermom!) à 12 semaines m’ont permis de respirer … jusqu’à ce que la peur revienne : moins de nausées, des mouvements moins présents, des contractions. Tout est prétexte pour que l’angoisse se présente : Salut ! Je t’ai manqué ? #not

 

Et me voici à 35 semaines, assise dans le bureau de ma gynéco : « Alors on a les résultats de l’IRM de mardi, une chance qu’on l’a faite! Ton utérus est très, très mince. Je te fais entrer en GARE aujourd’hui et tu auras ta césarienne autour de 36 semaines. »

 

Avec cette annonce, une multitude d’émotions se bousculent, mais surtout une pensée qui me revient sans cesse : Et si mon utérus rupture? La peur est encore bien présente …

 


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