On en fait un autre?

Stéphanie Guérard Vie de maman

 

Crédit : Unsplash

 

J’ai peur d’oublier comment c’était. De porter la vie en moi. De sentir ce petit être qui grandit graduellement en mon sein. De compter les semaines avec fébrilité et de m’émerveiller devant chaque petite nouveauté – du petit poisson qui nage, au hoquet et aux grands coups de pieds qui déforment ma belle bedaine ronde.

 

J’ai peur d’oublier ce que c’est, que de sentir les regards se poser sur moi, qu’ils soient teintés de compassion, d’envie, ou de jugement. Peu importe. L’attention que l’on me porte le rend encore plus unique, ce petit pois. Elle rend sa présence tellement concrète et l’expérience de la grossesse belle et excitante.

 

Contenir mon désir et me résigner à ne plus avoir d’enfant, c’est faire un deuil sur ma fertilité et sur ma vie de jeune femme, qui me fait sentir si vivante. Je n’ai pas envie de me sentir terne. Et vide. Pourquoi est-ce qu’on ne donnerait pas encore une chance à la vie de grandir au creux de mon ventre?

 

Dès le premier instant où on a posé mon enfant sur moi, le temps s’est arrêté. Mes yeux ne pouvaient se détourner de cette petite créature parfaite et inoffensive. Je me suis surprise à aimer la nourriture de l’hôpital, à apprécier vivre dans ce petit cocon qui me permettait d’apprendre à la connaître, sans distraction extérieure. Un amour inconditionnel, comme pas un, qui donnait soudainement un meilleur goût à la vie.

 

Un amour que je veux multiplier, parce que j’en ai tant à offrir.


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