Tu décideras une autre fois, maman

Audrey Di Patria Vie de maman

 

Crédit : Pixabay

 

Deuxième grossesse, un plan bien établi, beaucoup d'attentes. 

 

Après une grossesse, un accouchement de rêve et un allaitement réussi, j'avais planifié ma deuxième grossesse du jour 1 au jour J. Suivi avec une sage-femme, surprise du sexe, accouchement en maison de naissance, allaitement exclusif. J'avais vécu une première grossesse idéale pour ce genre de plan, mais comme c'était de l'inconnu, j'y suis allée pour le classique obstétricien-hôpital. Et bien la vie m'a fermé la porte dans la face à plusieurs reprises au cours de cette fameuse aventure que fut ma deuxième grossesse.

 

Surprise, des jumeaux! À l'eau le suivi sage-femme/maison de naissance... Vient ensuite la décision de ne pas connaître le sexe... J'aurais pu garder cette option-là, mais franchement avec les 10 millions d'échographies (j'étais suivie aux 4 semaines pour leur croissance), la planification des vêtements, la préparation mentale à peut-être devenir mère de 3 garçons, j'ai décidé qu'il serait plus sage de connaître l'entre-jambe de ces petites crevettes. Tadam, 2 garçons! Bon, on va laisser les boîtes de Barbie et de Polly Pocket de maman sous l'escalier... 

 

S'en est suivi le repos complet à la maison à partir de 24 semaines, parce que mon col trouvait ça rushant de soutenir deux paires de fesses et les contractions dans une journée ne se comptaient même plus sur mon combo doigts-orteils. Puis, après 28 semaines la tête en bas, mes petits acrobates ont décidé qu'ils étaient tannés de piétiner dans mes côtes, alors ils s'en sont pris à ma vessie... Un bébé en siège les pieds dans mon col et un deuxième en transverse. Mon pire cauchemar se réalise; la césarienne. Ma bête noire, ma presque phobie, mon traumatisme. J'ai tout essayé les trucs de grand-mère qui étaient possibles de faire avec mon alitement. 

 

Un beau jour, à 33+2 semaines, suite à plusieurs heures de contractions plus tannantes qu'à l'habitude même après un bain, je rentre à l'hôpital... Pour n'en ressortir qu'avec mes bébés 33 jours plus tard. Verdict: col dilaté à 3+, effacé à 60%, risque de procidence du cordon... Ils sont finalement nés à 37 semaines et 4 jours, en pleine santé, le jour de ma césarienne planifiée. Mon séjour en milieu hospitalier pas-pentoute-un-bed-and-breakfast fut assez pénible (lire ici crissement-décâlissant-merci-pardon). 

 

Mon retour à la maison pourrait se comparer au sentiment que tu peux avoir durant le meilleur orgasme de ta vie. C'est-à-dire tellement pas important dans une vie entière, mais sur le moment, c'est la plusse-meilleure-chose-au-monde-pendant-5-secondes. Dormir dans mon lit, c'était comme de retourner en position fœtale dans le ventre de ma mère (la position par excellence post-césarienne, wouhou!). Quand j'ai mangé mon premier bol de quinoa-truite-choux de Bruxelles, je devais avoir l'air du petit gars dans "Matilda" avec son gâteau au chocolat. 

 

Crédit : Giphy

 

Pour ce qui est de l'allaitement, j'ai allaité en tandem jusqu'à leur 11e jour de vie, en pleurant toutes les larmes de mon corps d'épuisement. J'ai alors décidé, avec mon conjoint, que je ferais l'allaitement mixte, un boire au sein pour bébé Sam, bébé Nat au biberon, et au prochain tour on échange les rôles ! Ainsi, mes seins, mon cerveau, ma santé, celle de mon chum, prenaient une mini pause. J'ai tellement trouvé ça difficile de ne pas avoir réussi l'allaitement exclusif pour mes jumeaux, mais je sais que c'était la meilleure décision à prendre pour pallier à mon épuisement mental. Ils ont pris le sein jusqu'à presque 7 mois, se sont sevrés eux-mêmes puisque le biberon était beaucoup plus productif que mes seins (alias queues-de-castor). Je me lève moi-même mon chapeau d'avoir réussi en partie l'objectif que je m'étais fixé dans le temps où je voyais encore la vie en rose, je pense.

 

Malgré tous ces revirements de situation, je sais à quel point je suis chanceuse d'avoir deux beaux garçons joyeux, en santé, sereins, qui nous apportent du bonheur tous les jours depuis leur arrivée (plus qu'attendue) dans nos vies. Au moins, il y a une chose tant espérée qui s'est réalisée: ils ne sont pas roux carottes, comme leur grand-mamie adorée (clin d'oeil, clin d'oeil!)


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