Une histoire de dépression post-partum : deux ans plus tard

Geneviève Simard Vie de maman

Crédit : Pixabay

 

Je n'avais qu'un bébé de la grosseur d'une pêche dans le ventre que j'étais (déjà!?) en dépression. En octobre 2013, on m'a diagnostiquée un trouble de stress post-traumatique avec dépression majeure sévère et un trouble d'anxiété généralisée avec attaques de panique.

 

Ce fût, comme le nom du diagnostique le laisse sous-entendre, un moment assez merdique à passer. 

 

On parle de plus en plus (et j'en suis bien heureuse!) de la santé mentale, mais plus particulièrement de la santé mentale des femmes, des mamans. On parle des symptômes, de la misère vécue lors de la maladie. On parle des ressources (merci! C'est tellement important!)

 

J'avais envie d'ajouter à ça mon témoignage d'espoir. Parce que oui, malgré toute la laideur de la souffrance, il y a parfois du positif qui ressort.  

 

En 2013, je vivais depuis plusieurs années une vie calme, rangée, à la limite du plate. Je faisais mes petites affaires du lundi au vendredi, sans me poser de questions. J'étais dichotomique (pas besoin de chercher sur Google, je vous le donne : je voyais tout en blanc ou en noir), je n'avais que très peu de centres d'intérêts. J'étais dénuée de sens, à vrai dire. 

 

Et là, je suis tombée enceinte.

 

Le tourment que m'a apporté ma grossesse, ça m'a permis de me reconnecter avec moi-même. J'ai pilé sur mon orgueil et j'ai demandé de l'aide, j'ai enduré beaucoup, je me suis battue, j'ai remonté la pente. J'ai découvert que ça ne faisait pas mal d'accepter l’aide des autres, proches ou un peu moins proches, et que j'étais forte, beaucoup plus que je ne le pensais. J'ai découvert que j'étais brave, tenace, intelligente et que je savais ce que je ne voulais ... pas! Et ce que je ne voulais surtout pas, c'était d'une vie monotone!

 

À travers ma guérison, je me suis rendue compte que la vie devenait plus douce, que les moments du quotidien étaient plus beaux. Je me suis rendue compte qu'un mardi soir, c'est aussi l'fun qu'un vendredi et que d'être un peu (beaucoup?) en retard dans ses tâches domestiques, ce n'est pas la fin du monde. Je me suis aperçue que de la visite qui arrive à l’improviste un samedi après-midi, ce n’est pas forcément un facteur de stress, que ça peut aussi être simplement l’occasion de se poser et d’apprécier.

 

Je me suis longtemps dit que tout ce beau, cette légèreté, c'était probablement l'effet de nouveauté (tsé, comme dans un couple, la petite lune de miel du début?), mais deux ans plus tard, je pense qu'on peut dire que c'est parce que, dans toute cette histoire, j'ai juste appris à vivre.


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